Quelques slammeurs



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Eva DT
Eva DT

Corp
fds
Mon amour Quand je t’ai quitté Pour ne plus continuer A subir les violences que tu m’assénais Finalement ce que tu as scellé, ce n’est pas mon sexe que tu jalousais pour le plaisir qui m’explosait et pour celui que tu ressentais Tu as scellé tout mon corps. Finalement ce que tu as emporté Dans tes mots dans les coups que tu voulais me porter C’est l’image de ma beauté Et mon corps est devenu vieux et laid et sale Plus personne ne peut le toucher Je suis devenue pétrifiée et putréfiée et pestiférée Tout en moi est une chair décomposée Mon sexe pue Ma chair pend De tous tes dénigrements Tu m’as arraché mon corps

Chien Quand je t’ai quitté J’ai retrouvé ma liberté Oh non pas toute ma liberté Il m’a fallu des années Pour reconstruire mon identité Pour éliminer Le néant où tu m’avais délimité Et je n’ai pas vraiment fini de regagner Mon intégrité Je dois encore dénicher Les caillots les plus concentrés les mieux cachés Fossilisés comme un diamant dont rien n’égale la dureté

Alors retrouver les envies Ne plus avoir peur d’un risque d’élimination Laisser mon corps à l’abandon Confiant dans sa puissance molle Sous le regard d’un garçon Sous ses caresses les plus folles Rien qu’y penser, je me révulse Je me répugne je m’abhorre Je suis un sac de viande blanche Car tu m’as dégoûtée de moi Tu m’as tuée en laissant mon cadavre Pourrir sans masque mortuaire Offert putrescent Aux hommes indifférents

Bourreau Tu as laissé ma chair sans vie Tu as mangé mon coeur à vif Tu as brûlé mes yeux en pleurs Tu as sali mon désir fou - Tu charcutais à petite allure Pour préserver ton stock de bouche Pour grignoter à volonté Pour faire ton shoot quotidien De mon être de mon corps de ma vie Mais mon âme était encore trop préservée Pour que tu puisses l’approcher Ça te rendait enragé Comme une hyène excitée Tu tournais autour d’elle Tu rôdais, tu attendais Qu’elle soit enfin achevée Enfin une charogne Que t’aurais pu déchiqueter Mais je ne rendais pas l’âme Alors tu m’as dépouillé le corps De sa valeur de ses attraits Il est mort sous tes assaults Et seul mon sexe rougeoyant Palpite encore comme le témoin De mon asservissement Alors il faut que je l’éteigne Pour que mon corps s’allume Et qu’à nouveau mon coeur s’autorise Ces belles projections dorées Qui nous colorent Qui nous habillent Même quand on est à poil A côté d’un mec à poil

Larve Tu as souillé mon avenir De ta bourbe nauséabonde De ton marasme pestilentiel De ton cloaque infectueux Ton esprit défectueux Ton fonctionnement délictueux Ont bousillé mon fluide vital Cette humeur où les moyennageux Situaient le siège de l’âme J’avoue, Maintenant seulement ces peaux dorées, ces corps parfaits Seulement ces verges vides Qui se limitent à m’pénétrer Arrivent encore à se glisser Dans mon désir et sur mon bide Je suis morte et profondément enterrée Il est impossible de me toucher Ce serait m’approcher trop près Et me mettre trop en danger Découvrir ma fragilité Plus personne ne peut entrer Dans mon intimité J’parle pas d’mon sexe qui reste avide Devenu un prédateur livide Qui défend aveugle et obstiné Le territoire de sa morte.

Voilà pourquoi je ne suis pas belle Quand j’enlève mon masque A chaque fois les hommes s’affolent Ils fuient la bourrasque Alors au revoir Ils ne sont pas assez forts il faut croire Pour affronter mes pouvoirs De sorcière épouvantée. Et toi aussi... Tu n’es pas le magicien Qui sent qui je suis Tu n’es pas celui qui vient Du même pays Au revoir De toutes façons... je ne suis pas guérie.

Violence

Qu’est-ce que tu veux faire rimer avec violence C’est pas fait pour faire joli violence Je ne veux rien faire rimer avec violence Ce serait trop d’honneur Et ce serait faux La violence ça se dresse seul Ça existe seul Et quand ça te tombe dessus Tu es seule face à la violence La violence de celui que tu aimes Celui qui ne veut pas t’aimer Qui a peur parce qu’il t’aime il dit Qui est incapable d’aimer Qui aime le pouvoir que ton amour lui donne Qui aime te manipuler et te faire souffrir Qui s’ennivre de sa violence Qui se drogue de sa violence Qui jouit de sa violence Celui qui ne t’aime pas Qui aime te détruire

Voilà avec quoi ça rime la violence Ça rime avec rien qu’elle-même Ça s’auto-nourrit Ça aspire la vie de l’autre Ça vampirise Ça assassine Je suis morte Il faut que je ressuscite Il faut du temps Très longtemps

La violence Ça te meurtrit comme un accident de voiture Ça te marque comme un coup de couteau La violence Ça te laisse une longue estafilade sur ton corps Dans ton âme - et ça referme ton coeur qui se tait La violence C’est pas juste un accrochage C’est un gouffre vertigineux Et tu tombes, tombes tombes

Et un jour Tu te dis Que tu ne veux pas mourir Alors avant d’arriver au fond De te fracasser dans l’abîme Tu lui dis Stop Tu t’en vas Il n’en revient pas Il crie il pleure il menace il supplie Tu dis stop Il recommence Et tu as peur Il t’a bien appris Tu as peur pour longtemps Néanmoins tu es partie et tu ne reviendras pas Mais c’est pas fini Tant que tu auras peur Ce ne sera pas fini La violence C’est comme un tatouage bleu Tu sais un numéro sur le bras La violence, elle reste longtemps après qu’on se soit enfui Elle reste tapie Sale horrible mortifère Elle revit au moindre signe Les soins sont longs pour s’en débarrasser Longs et coûteux Ils coûtent ton innocence, ta joie de vivre, ta confiance, ton asssurance, ta spontanéïté, ta féminité Ils coûtent tout ce qui est beau en toi

Il faut tout reconstruire

Alors tu comprends la violence Avec quoi tu veux que je fasse rime ça ?
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