Quelques slammeurs



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Ucoc
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EVENTAIL

SOLEIL clin d’œil obscur et droit sur ce sol Rit d’un rire nul à la LUNE au réveil LUNE plus que nourrice clinquante au col Jaune et rose et crème n’aime sans pareil

SON FILS TERRE L’ENFANT-MER

Une luciole Ô de son vol Qui dégringole Dévoile toute la vie au sol (Eclaire mal la nature de son rôle) :

« Le silence frileux après l’acte amoureux Des amants qui viennent de faire connaissance Est comparable aux divers cris à la naissance De mon enfant qui va plus tard dire : ha ... reu. »

« Heureux »

« Arrhes »

« Non HAAAAA REEEEE ... la main du vent est un poème de l’aube écrit du souffle du ventre ... » dit la petite bestiole (En langage maternel de la nuit)

Puis SOLEIL ET LUNE le firent taire sous le gouffre de la pénombre

DESTINEE

Mon cerveau veut atteindre le coma Plus mort que vif sous les yeux des pumas L’idéale vitesse de croisière Pour revoir les yeux fermés ... la lumière

C’est le vent qui ne m’oublie pas quand je regarde ma terre à la frontière

C’est le corps tremblotant de Mohamed ALI allumant la flamme olympique

C’est la course hystérique de la petite vietnamienne napalmisée

C’est le canard qui secoue son derrière après l’accouplement

C’est à peu près comme je l’imagine le dernier hurlement du loup avant sa capture

C’est encore et toujours la fuite à travers bois à travers champs sous une pluie battante

La découverte de l’Amour !

C’est la sublime beauté qui se déshabille pour moi quand je me retrouve seul honteux après que la colonie des petits copains m’ait mis à poil devant tout le monde

C’est le : « Maîtresse ! Il m’a mise une main aux fesses ! »

C’est le : « Quand est-ce qu’on mange ? » de l’enfant qui n’a pas faim

C’est le concours de pets des deux vieux dans la soupe aux choux

C’est (A.A.-21) (C.D.-même âge que moi) (E.V.-le con c’est son mec) (S.T.-l’hermaphrodite) (C.G.-36) ...et ...et...et ...et en attente pour le touché-coulé

C’est encore et toujours le désir de saisir ce poisson frétillant hors de la rivière

L’Amour la première fois !

C’est la joie devant le miroir quand le bouton sur le nez ne se voit plus

C’est être Creutzfeld-Jacobé au rythme du va-et-vient

C’est pas de réponse aux : « T’as pas l’heure ? » « Elle est où la sortie ? » « Est-ce qu’il va faire beau demain ? »

C’est dire à Godard aux urinoirs de la cinémathèque de Toulouse : « T’as une petite bite. »

C’est dire aux gens qui m’enregistrent qui me photographient qui me filment : « Vous avez entre vos mains mon œuvre poétique »

C’est encore et toujours le voyage la nuit pour éviter le sommeil du jour sombre

L’Amour !

C’est mon chien que l’on abandonne à des kilomètres et qui est de retour pour des caresses

C’est le sourire à la limite de la détresse d’un enfant-orphelin-cambodgien face aux occidentaux

C’est le : « Quelqu’un peut me dire si c’est un Tutsi ou un Hutu ? » de la journaliste devant un cadavre

C’est le : « Cela suffit ! Je vous demande de vous arrêter ! » du perdant

C’est la mère qui fouille sa merde pour récupérer ses Diams et les ré-avaler ensuite ma mère ...et c’est le regard vide d’une vision droite vers un horizon indigne de l’indigo de celui qui ne dort plus comme avant mon père

C’est encore et toujours l’image en mouvement d’une maison isolée où une femme t’autorise à coucher dans la grange

C’est encore et toujours l’impression de ne pas être sur d’avoir vécu ou d’avoir rêvé !

C’est plus encore et pour toujours Lamthé et Adasumé mes enfants nés.
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