Quelques slammeurs



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Nada
Nada

Dégoût

Pas d’bon, pas d’mauvais, des divergences de point d’vue, des divergences d’opinions, des jugements faussés par la violence des émotions, pas d’mensonge ni d’vérité, une putain d’réalité, le monde s’améliore pas, l’homme descend toujours plus bas, dans tout ça j’me débat, m’efforce de rester droit, un seul choix être moi, c’est dur c’est lourd parfois.

Tout peut arriver, la vie peut tout m’donner, à l’intérieur si j’ai rien c’est comme si j’étais qu’un chien, un batard abandonné par la lumière et la clarté, pour le mal que l’on fait, soit disant par nécessité, la souffrance qui nait de la conscience torturée est le prix à payer, il est vital de l’accepter.

J’appuie sur la gachette, mon flingue s’est enrayé, pas d’bastos dans la tête, d’un coup d’crosse meurtrier, j’me trépane sans hésiter, me rejette, me maltraite, m’achève à coups d’serpette, perpète pour le poète, triple six pour la bête, entre l’homme et l’vautour c’est une longue histoire

d’amour, la charogne est au bec recourbé, du volatile au cou décharné, ce que les cadavres entassés s’amoncelant dans les charniers sont aux massacres organisés dans les pays sous développés.

Trop de solitude, depuis trop longtemps peut-être, mal d’être camouflé par les attitudes calculées du paraître, des saloperies d’clichés dans lesquels on fonce tête baissée, en croyant faire tête bêchée, baise et suce et veuve poignet, 69 incarcéré, 10 mètres carrés pour fantasmer, dès l’départ on l’sait qu’un d’ces quatre on s’fra serrer, à voir les aut’ tomber, on finit par s’en douter, dés l’départ on l’sait puis on s’dit et puis après.

J’aurai voulu t’aimer très fort avant même de t’rencontrer, j’aurai voulu qu’tu m’appaises dans la tendresse et dans la baise, mais j’suis pas dans l’bon décor, ça foire encore j’ai l’diable au corps, j’ai rien d’mandé, j’ai rien eu, j’ai tout joué, j’ai tout perdu, quelque part ça m’aide à faire l’amour avec la rue.

Pas grand chose à dire, pas la force de sourire, j’ai l’dégoût d’écrire, j’ai l’blues de m’anéantir.

Sensation de déjà vu, déjà vécu, manche à balai dans l’coeur, manche à balai dans l’cul, dansl’abdomen, un amalgame de haine, obscène, univers concentrationnaire où la vermine prolifère.

illuminations, hallucinations, une saison en enfer pour visionnaire en galère, apologie du crime, du vice, analysée, banalisée, rationnalisée, exploitée, rentabilisée, vandalisme aliénant, matérialisme outrageant font des momes en s’accouplant, des enfants couleur néant, cabriolet

toutes options, payé deux ans d’prison, se remplir d’illusions pour endiguer sa dépression, sombrer dans la déraison à en toucher l’fond du fond.

Trahir pour réussir, mentir pour s’enrichir, qu’on soit bourgeois racaille, une même avidité se loge dans nos entrailles, la bave à l’échine, ruminer le spleen, fulminer sur les ruines de sesrêves qui s’débinent en regardant ses bras tatoués à l’encre de chine, une fleur à ma mère, laquelle ? celle que tu niques, celle à qui tu piques du fric pour acheter des narcotiques.

Paradis prohibé, suicide prémédité, tu l’sais, je l’sais, pourtant tout l’monde le fait, tout l’monde trouve ça O.K, c’est comme un karaoké, on rabache les mêmes couplets des mêmes chansons fatiguées jusqu’à c’que la destinée nous foute la main au collet.

Je dors d’un sommeil hanté par des spectres édentés, dans mon cauchemar favori j’vois des crapules en tachini, des fantômes aux os jaunis qui veulent pas qu’on les oublie, des morts vivants stylisés, hostyles et super sapés, l’élégance des quartiers bas s’exporte vers l’au-dela et dans les orbites où les yeux sont remplacés par des trous noirs, ne restent que le caffard, la déprime, le désespoir, les caresses fraternelles de la détresse des crevards, la tristesse criminelle qui nous servait d’éxutoire, la tendresse qu’on n’a pas connu parcequ’il était déjà trop tard, quand on tombait dans l’coltard et qu’on émergeait nulle part.

Pas grand chose à dire, pas la force de sourire, j’ai l’dégoût d’écrire, j’ai l’blues de m’anéantir.

Nada.
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