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Spoke éditions



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Spoke éditions

Date de Création : Juillet 2002

Activités : Edition de livres / Evénementiel en littérature / Ateliers d'Ecriture / Performances

Publications : 15

Genre : Chanson, slam, littérature, théâtre, poésie, rap...

Projet :

- Mise en avant et diffusion des formes narratives et littéraires d'ordinaire délaissées par la sphère éditoriale - Construction d'une plate forme de diffusion autour des arts oratoires, notamment contemporains - Soutien artistique à l'une des scènes ( SLAM ) les plus dynamiques de l'hexagone et pourtant quasi-totalement absente des circuits de la production culturelle actuelle.

POEZI A LA TRONCONNEUSE

www.spokevousparle.com

ARTS Orö

HIP-HOP TRANSGENIQUE

Les prochaines sorties :

POLITBURO ( Chantal Carbon ) ROMANE BOHRINGER, DETACHE-MOI DU RADIATEUR ( Grégoire Pellequer ) RAME 5 ( D )

La Bulle - D' de Kabal

La bulle (D' de Kabal)

G.1/Séance nuit/Durée 1h50

Une ampoule, une clarté obscure et sourde, yeux clos, je ne peux pas sentir que l'atmosphère est lourde. La bouche écarquillée, je contemple cette pièce exiguë dont je suis le prisonnier. L'éclairage sombre me brûle les lèvres, pour bientôt les assécher, les gercer, faire de moi un être atteint de cécité, convulsé par ses rêves. Un goût fade mais amer se propage le long de mes doigts, puis sur mes membres qui se mettent à saliver, abondamment. Cette fois j'en suis certain, il y a quelque chose qui ne fonctionne pas. Je suis le surnombre, la foule est l'individu. La nuit est le jour. La peine, c'est la joie, la vie, c'est la mort. L'amour, c'est la haine, quand je ris, je saigne. Dedans, c'est dehors. Le printemps c'est l'automne, le vide...est plein. La dignité, c'est la honte. (Un temps)

C'est le chaos total, j'erre dans la confusion la plus opaque. Mon premier meurtre, tout cela me rappelle mon premier meurtre. (Silence) Quelque chose en moi me susurre que c'était un accident, que si j'ai frappé ma copine avec autant d'acharnement, c'est que j'étais inconscient du mal que je lui causais. On m'a déclaré irresponsable, contrairement à ce qu'on peut croire, cela ne simplifie en rien le problème. J'ai mal, là, dans, au fond de mon ventre, mais, ce n'est pas une douleur physique, c'est différent, comme si une bête me rongeait, me suçait mon jus, ma vitalité de l'intérieur. Cette bête est tapie, elle dort. Je n'ai pas peur de la mort, je n'ai pas peur de l'extrême douleur que peut occasionner la perte d'un être proche ou très proche, j'ai seulement peur que la bête qui sommeil en moi, dans la part la plus fragile de moi, se réveille. C'est déjà arrivé, il y a longtemps maintenant. Ce jour là, j'ai complètement perdu les pédales, mon médecin n'était pas du tout content, je le comprends, mais, je continu de penser qu'on ne dévisage pas les gens dans la rue, quelles que soient les circonstances. J'étais en train de causer à ce qui restait de ma copine, c'est à dire à peu près tout sauf ce qui va du coude à la main gauche...C'était à cause de cette petite machette de boucher, qui aurait put croire qu'elle trancherait si facilement de la chair de femme infidèle ? Pas moi, je vous assure docteur, j'ai été le premier surpris, enfin... Le deuxième... Et là, ce pauvre connard sur le trottoir d'en face, ce pauvre connard, ne trouve rien de mieux que de faire du scandale, et de me dévisager, ça m'a quelque peu déstabilisé, j'ai... Paniqué... Franchement, un vrai petit massacre, une espèce de boucherie artisanale bien pensée, exécutée avec application. J'avoue, ce n'était pas forcément nécessaire, mais avouez, à votre tour qu'il s'en est plutôt bien sortit. Regardez, j'ai fais ce polaroïd de sa gueule, je l'ai toujours sur moi, et aujourd'hui encore j'hallucine sur le travail, j'suis un artiste, un artiste incontestablement incompris, mais un vrai artiste. Arrêtez de me bassiner avec vos conneries, tous ces troubles n'ont rien à voir avec mon père ou aucun membre de ma famille. Vous ne pouvez pas comprendre, vous ne pouvez même pas entendre à quel point nous sommes liés, c'est presque douloureux tellement nous sommes connectés. Quand il y a eu cette dispute, violente, entre papa et la petite, ça a affecté tout le monde, tant et si bien qu'on a décidé de ne pas intervenir, ils ont réglé

2.

Eux même leur différent. Il avait l'air profond, le différent, ça a quand même duré près de 12 jours. C'était long, il faut reconnaître que l'harmonie n'était pas au rendez-vous durant cette période, on était tous tendus. La petite, d'habitude si calme, si innocente, si sensible, la petite, elle était hors d'elle, je me demande... Bref, on a toujours tous vécu dans 1 seule pièce, les travailleuses sociales trouvaient à y redire, mais nous ça nous convenait... à tous ! Moi, je ne me rappelle pas trop de mon enfance, pas du tout en fait, je crois que c'était une enfance assez classique, ouais ! Je crois. Sauf peut-être quand maman est morte, et qu'ils ont mis papa en prison parce qu'ils pensaient que c'était lui... Papa aimait maman plus que tout au monde, ils avaient des disputes, comme n'importe qui, mais en général ça se passait bien. En général, parce qu'une fois, ça a été un peu dur pour nous, les enfants, quand il a fait l'amour à maman de force sous nos yeux. C'est mon seul souvenir un peu triste, mais bon, 2 heures un peu difficiles dans une enfance sans vagues, c'est pas ça qui vous abat quand vous êtes un homme. Un vrai, pas une tapette, comme mon petit frère. Non, franchement, on est une famille tout ce qu'il y a de plus unie et tranquille, faut pas nous faire chier c'est tout.
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