Contes Ineffables
Contes Ineffables
1.Contes ineffables
2.Il fallait...
3.Le beau au bois dormant
4.Chaos
5.Ton pote
6.Cochons roses
7.Kréol
8.Elles
9.Ecrire pour s'en sortir
10.Le pusher de fleurs
11.Roméo et Juliette 2002
12.Le petit pantin de bois
13.C.R.S.
14.Râleur à l'heure
15.Trésor sans fond
16.Peine à vivre
17.Le beau aux bois II
18.Brèves de quartiers
19.Négros, bicots, basanés et pauvres
20.Intro officielle
21.Skyzofrénia
22.Dans ma cage
Contes ineffables
Pousse le son de ton walkman, ouvre tes écoutilles,
Si le soleil brille même sur le cul des chiens,
Dis-toi que le mien scintille,
Je vais te parler comme à un frère, comme une sœur,
Des contes ineffables, sortis de moi à la sueur,
De mon cœur , les moqueurs n’ont pas accès,
La verve est trop sincère, ouais !
Je prétends qu’une fleur aux doux pétales
Peut pousser même dans un cimetière.
Demain, après-demain, aujourd’hui et hier.
Le conte se construit à partir de l’imaginaire,
L’auteur dose les ingrédients pour que la narration et l’émotion aillent de pair.
L’efficacité du récit
Tient de l’équilibre entre le réel et le fictif,
Il ne s’agit pas ici de disséquer le vrai du moins vrai
Sorti de mon esprit,
Le résultat, la chute, est à méditer, peser.
Avec ton mode de pensé, ta sensibilité.
Sors ta haine enterrée, exit tes plaies lacérées,
Tu es comme moi, tu es frustré(e)
Je n’ai pas de clé, je compile les données
Esope, Corneille, Racine, La Fontaine, Perrault
Ont eu leurs heures de gloire
Si je sors un livre,
Il encombrerait les fonds de tiroirs !!!
Refrain :
Un conteur d’histoire ce n’est pas bien méchant,
Venez honnêtes gens, donnez un peu de votre temps,
Un conteur d’histoire ce n’est pas bien méchant,
Il a tout plein de maux pour les petits et les grands.
La plume, le prolongement de ta fibre nerveuse…
Si elle t’est fidèle, tu oublieras la langue des gueuses !
Langue de bois, vaseuses idées, notions nauséeuses,
Sont à proscrire pour que l’âme ne soit plus malheureuse.
L’ineffable, c’est l’indicible,
La frontière entre le senti et le transmis.
La rupture entre l’émotion, et le dit…
Je sais, Djamal et moi on l’a déjà dit !
Mes histoires narrent le narrable,
Vont au bout de moi, évoluent dans l’instable,
Au-delà de mes incartades,
Forges-toi ta propre idée ; tes arguments
Comme les miens sont palpables,
Courrons, courrons yeux bandés,
Tête baissée à fond vers le mur
On est des morts en sursis
Si notre quête d’humanité est entachée de ratures,
Dur, dur d’être humain dans un monde où l’aversion de l’autre nous rassure
Nous gangrenant au fur et à mesure
(on ne fait que panser nos blessures)
Refrain
« Vous êtes donc une sorte de poète,
un conteur des temps modernes en somme,
une espèce de philosophe urbain, c’est prétentieux »
« Si philosopher , c’est réfléchir sur un sujet donné
Et réfléchir de manière organisée,
Alors ouais, je suis un philosophe,
Et méfie-toi parce qu’on est plein ! »
« Vous voulez dire qu’avec cette musique barbare,
vous prétendez véhiculer, ne serait-ce qu’une once d’idée ?
Mais vous n’y êtes pas mon cher,
D’ailleurs à l’heure qu’il est votre « hip-hop »
N’a jamais été aussi proche de la variété !
Je sais de quoi je parle, je suis journaliste »
Moi quand je pera, j’suis à poil,
C’est une image ducon lève le voile
Pas de fausse pudeur, ni d’exhibitionnisme !
Refrain
Il fallait...
Il fallait redessiner ces pages, redéfinir ma rage,
Parler à l’entourage, il le fallait, distribuer des gages…
Le temps passe nos disques ne sortent pas
L’aventure a une nouvelle fois un goût rance qui reste dans la gorge,
Non ce n’est pas la phobie de l’anonymat qui s’empare de no plumes,
De no crayons, qui nous rend si fragile, si inquiets de nos émotions.
(Questions !!) Qui sommes-nous, que voulons nous, où allons-nous ?
Dans ce piteux navire de guerre.
A quoi on joue, sommes-nous fous, sommes-nous sûrs de notre coup ?
Vais-je un jour lâcher, donner ma peau (je ne crois pas !)
Suis-je un guerrier ? (Quoi ?) Guerrier !
Salopard dans une saloperie de conflit
Qui oppose les plus grand aux plus petits.
Je reste artiste à mon compte, je raconte des contes,
Qu’un DA me dise de changer de voix, les crocs je montre !
In vi vaut mieux que deux tu l’auras,
J’ai cru en moi, j’ai attendu les deux, ‘tu l’auras’ !!
Refrain :
Il fallait redessiner ces pages, redéfinir ma rage,
Parler à l’entourage, il fallait,
Distribuer des gage, faire mentir les présages,
Alimenter l’orage,
Il fallait !!
Ils veulent nous étouffer, ils veulent nous voir plier,
Ils veulent salir, souiller, nos musiques, nos rêves, nos vérités.
Seulement nous ne lâcherons pas, la vie est un combat,
Le vrai triomphera, à nos côtés des homos,
Des renégats et des malades du sida.
Ecrits polémiques, radicalité anti-conformiste,
Une espèce d’aversion chimique envers les fumistes,
Arrivistes qui prolifèrent et polluent le monde de la musique, hic !
C’est là qu’est le hic, il faut que je me penche pour goûter leurs triques !!
Non, merci non, nous nous méfions du gars qui dit « ramasse mon savon !»
Sachons dire non, à tous ces pourris qui veulent sodomiser l’auto production !
Hey, je n’ai rien contre la sodomie,
Qu’elle que soit les sexes des différentes parties.
Seulement je dis que quand le plus petit saisit
Que c’est de viol dont il s’agit,
Il se met à regretter l’auto-prod et son lot d’insomnies.
Je suis libre d’écrire ce que je veux, trouduk !
T’as pas ma démo, j’en suis heureux,
Ce track n’est pas pour toi je l’ai fait pour eux !
Refrain
C’est une lutte sainte contre les aprioris,
Je ne me revendique d’aucune patrie,
Le vrai hip-hop est une femme, je la chéris,
Sensible amie à l’écoute de mes avis.
Anti-technocrates, je respecte les gars dans la techno qui se battent,
Eux aussi, dans les souterrains pour que les vinyles inondent les bacs.
Bagages en mains je poursuis mon chemin,
A travers les affects des miens, de mes contemporains.
J’ai croisé plus de frères avec des troubles affectifs,
Que de frères respectant nos sœurs et les préservatifs.
J’ai croisé plus de sœurs avec des troubles affectifs,
Que de sœurs épanouies dans leurs sexuelles pratiques.
J’ai croisé tant et tant de gens qui se demandent
Comment ils vont avancer, maintenant qu’ils rentrent
Dans l’épicentre de leur existence secouée et flagellée.
Refrain
Trop de cœurs se mentent sur la vérité des closes
Qui régissent le contrat passé avec leur conscience,
Celle-là même qui plus tard les empêche de dormir.
Le chiffre ne procure pas l’intérieur paix,
Ça a l’air futile mais c’est vrai,
Aussi sûre que sans justice il n’y a pas de paix,
Aussi sûre que W.Bush est un goret,
Que Ben Lad’n se fout de l’islam et de ses versets…
Refrain
Le beau aux bois dormant
Il était une fois, dans un quartier très loin là-bas,
Bien à l’écart de la grande ville,
Là où les abribus ont été désossés pour la énième fois en quelque mois,
C’est donc là que vit notre héros.
Nul besoin de savoir son nom, cependant notons,
Qu’il n’étudie plus, qu’il est actuellement sans profession.
Il peut faire penser à la belle au bois dormant,
Endormie dans la forêt et attendant son prince charmant,
Tant il galère dans ce foisonnement de crasse et de ciment,
Espérant on ne sait quoi, il ne sait quand.
Tout comme la belle,
Il paraît plongé dans un sommeil parallèle,
Accroché à sa défonce comme un yo-yo à sa ficelle.
C’est la descente, puis il émerge ;
Parfois il trouve la force de nager, de gagner la berge ;
Souvent il s’effondre et se noie dans sa gerbe ;
Son alcoolémie ne fait pas ami-ami avec son appétit de teushi.
Ce n’est pas drôle pour lui.
C’est le beau au bois fumant, le beau au bois buvant,
Le beau au bois dormant, ché’per constamment,
Il est mal aimé, on le comprends…
Refrain :
C’est le beau au bois dormant,
C’est le beau qu’hier en rampant
Imperméable aux sentiments
L’amour notre héros ne l’a jamais rencontré.
Nombreux sont ceux qui comme lui,
Se sont adonnés au plaisir de l’acte, dans les caves de la cité.
« Hé, tu as mis une capote ? »
Il ne répond jamais quand la question lui est posée.
Avec elles, il prend rarement le temps de palabrer.
Arrivés au lieu-dit, pour ne pas se faire griller,
Ils vont au plus pressé ; qu’on lui parle d’aimer,
Il parlera de bitches, de grognasses et de tassepés.
« Si t’aimes une meuf elle finira par te poignarder » aime-t-il à répéter ;
Il n’a pas le temps d’aimer, pas le temps d’être blessé,
C’est un dur à cuir qui ignore le danger,
Mais sa vision des femmes trahit une peur que sa fierté ne peut dissimuler.
Le beau au bois dormant craint d’être embrassé.
Alors dites-moi qui sera en mesure de le délivrer
Refrain
J’ai froid si froid, tout seul, si seul crois-moi.
Mon visage est profondément marqué par mon état, j’en suis là.
Je ne veux pas donner, j’ai tellement peur de recevoir,
Les seuls yeux que je peux fixer sont les miens dans le miroir.
L’émotion grandit à mesure que mon regard saisit
L’absence de vie dans l’œil du bambin de Bobigny qui a bien grandi…
Bien grandi c’est vite dit, encore aujourd’hui
Ma mauvaise foi se trouve trahie
Par les larmes qui perlent, qui coulent sur ma face salie,
Par les coups que j’ai mis, que j’ai subis, que j’ai admis.
C’est seul, face à moi, que j’ai conscience
De la complexité de l’élaboration de l’individu en tant qu’être.
Mon squel’être est enfin constitué alors je veux vivre,
Je veux être, je veux continuer à avancer,
Je veux pouvoir donner, je veux pouvoir aimer…
Chaos
Refrain :
On reconnaît le chaos, l’intellectuel chaos,
Un mal parmi les pires maux,
Quand il s’abat sur le monde.
Ce monde qui glorifie l’info usage de faux
Sur les chaînes et sur les ondes.
On reconnaît le chaos, l’intellectuel chaos,
Un mal parmi les pires maux,
Quand il s’abat sur les pauvres.
Sont pauvres ceux qui voient les infos,
Comme un spectacle in-vitro en direct à la seconde !!
Si depuis le 11 septembre 2001, je suis un citoyen américain,
Dis-toi que depuis le 17 octobre 61, je suis un français algérien
Par conséquent depuis le 6 août 45, je suis japonais évidemment !
Depuis la Shoa, je suis de confession juive,
Après les massacres de Sabra et Chatilla, je suis devenu arabe de Palestine.
Cela fait maintenant plus de 50 ans que je suis tibétain,
Avant en 65, j’étais vietnamien.
Allons soyons démagogues :
3 minutes de silence pour toutes les victimes du World Trade Center,
Et 10 années de recueillement pour les morts et les pleurs,
Occasionnés par le colonialisme, l’impérialisme, le fascisme
Et autres « saloperismes » en –isme.
Si vendre des armes au Rwanda n’est pas du terrorisme,
Si vendre des armes à Israël n’est pas du terrorisme,
C’est que l’occident a du mal à nettoyer au fond de son slip !
Allons, ne faisons pas la fine w. Bush !
Il existe aujourd’hui des missiles qui ne touchent
Que les méchants intégristes et par leurs gentils voisins civils.
C’est une tempête du désert dans votre liberté immuable,
Cette guerre est immorale !!
Refrain
Ils ne veulent plus d’arabes dans leurs avions,
Plus aucune bouteille de gaz, par la même occasion.
L’ennemi est invisible, il est nulle part, il est partout,
Nous sommes coupables de tout.
La couche d’ozone… c’est lui !
L’assassinat du chien de la voisine
De l’adjoint du ministre qui vivait à Paris ?
C’est encore lui !!
Si tous les musulmans sont des intégristes,
Alors tous les dignitaires du clergé sont pédophiles.
Si tous les dignitaires du clergé sont pédophiles,
Alors tous les bombardements en Afghanistan sont plus qu’utile.
Quand on va bombarder le Vatican, le monde chrétien va se faire de la bile.
Non, il ne faut surtout pas faire d’amalgame;
Tuer des civils aux Etats-Unis, c’est du terrorisme,
Tuer des innocents à Kaboul, c’est une erreur de tir, sous-couverts d’humanisme.
Assez de ces inepties, en occident le chaos est tant cérébral que total,
Ca veut dire qu’au final qu’on a bien fait de s’armer l’esprit
Pour pouvoir répondre aux vandales,
Aux maîtres de la désinformation multilatérale.
C’est une sorte de terreur moderne,
Tu flippes devant ta télé, ta radio ou tu flippes devant ton modem.
Mais la réalité demeure, nous plonge dans de multiples dilemmes,
Même si leur argent n’a pas d’odeur, on voit bien que l’on saigne…
Que tu protèges ton littoral en Bretagne, Bastia ou Mururoa,
Que tu sois civil pris pour cible à Bagdad, New-York, Hiroshima ou Ramala,
La terreur qu’on t’impose n’a pas de nom, condamne-là !!!
Refrain
Ton Pote (feat Lil'Diablo)
Hey D', hey D' tu veux pas être mon pote steuplait !?
Si ton pote si tu ne le croises qu'en bas de chez toi pour fumer des gros joints
Qu'il ne parle que d'oseille, de voitures, de fonsdés et de gros chiens
T'es surpris, c'est normal c'est ton frangin
Pourtant t'as l'impression que sa vie est bidon
Que ne sors de sa bouche que du poison
Et que son quotidien pique et pue comme de l'oignon
Pour les vols de sac à main, tu l'as couvert
Pour les vols d'autoradios, tu l'as couvert
Pour (les bizz de popo), tu l'as couvert
Maintenant qu'il joue les macros qu'il aille se faire
Si ton pote dit que les cours
C'est pour les meufs et les balourds
Qu'il prétend que la connaissance et le savoir
Sont inutiles comme l'amour il finira boutonneux et sourd
Alors, s'il te donne des conseils, tu doutes de lui
S'il te propose des plans, tu doutes de lui
S'il te dit que ton bonheur l'irradie, eh bien tu doutes de lui
Je te le jure frangin, ça oui je te le jure frangin
Tout ça c'est un fait,
C'est que ton pote en vérité c'est un abruti
Refrain :
Non c'est pas ton pote
Ton pote c'est une vraie cloche
Non c'est pas ton pote
Ton pote il est pas top
Si ton pote construit sa vie sur des mensonges
Que tu es son témoin
Que tu prends sa défense
Quand on doute de sa sincérité au quotidien
Tu le couvres c'est normal c'est ton frangin,
Mais quand il oublie que t'es là depuis le début que t'as tout vu
qu'il te prend comme les autres pour un trou-du-cul là ça ne va plus
Quand il était musulman, tu l'as couvert
Rappeur, tu l'as couvert
Quand il est devenu rasta, tu l'as couvert
Maintenant qu'il est hippie paranoïaque il devrait s'taire
Si ton pote se donne à des conseils
Genre n'approche pas cette meuf elle est conne
Et que dix ans plus tard il lui a vendu son âme
Et que c'est devenue la mère de tes gosses,
Là y'a un truc qui déconne
Quand ton pote pour sauver son boule,
Enfonce ces soi-disant potes
Comme l'armée américaine enfonce les habitants de Kaboul
Quand il joue double-triple-jeux avec les valets qui composent sa cour
C'est qu'il est loin d'être fiable
Si que t'es l'invité d'un dîner de cons
Alors lève-toi gifle-les tous, s'il te plait
Quitte la table
Refrain
Hey, quand ton pote tombe amoureux,
Il prétend que c'est pour du biz,
Alors qu'il n'y a pas de honte à ce qu'une jolie petite femme t'électrise
Par ses sourires et ses succulentes bises zzz
Ton pote souffre mais il te cause du tort, il détruit tes proches
Si ton pote est une vraie une cloche
Lâche-le, vire-le de tes poches
Refrain
Cochons roses
Les tomates pelées, les tomates entières,
C’est très bon avec du cochon !!!
Il y a au sein de certains partis,
Des porcs qui se disputent le contrôle d’une déchetterie.
Un parti ? Non, une déchetterie.
L’un des deux porcs est borgne,
L’autre a le groin pointu.
Ah bon ? pointu ?
C’est pour mieux fouiner dans la pourriture,
Que crois-tu ?
Ah ouais ! et pourquoi borgne ?
Avec deux yeux ton champ de vision est plus étendu,
C’est inutile quand tu représentes des truies et des porcins
Qui savent que se renifler l’anus !
Dites-moi si un de ces cochons roses,
Dont les géniteurs sont des cochons roses,
S’accouple avec un autre cochon rose,
Qu’est-ce que ça donne ?
Un cochon rose ?
Gagné !
Il paraît que plus de quinze pour cent des français
Sont des cochons de lait,
De lait parce que trop cons.
Ils alimentent cette porcherie et tu le sais,
Ils imaginent une France pleine de cochons,
Gageons que c’est sans espoir mais bon,
Avouons, que c’est une sale idée,
Sale comme le coch…
Bon, ok on arrête cette fois-ci, c’est bon !
Les tomates pelées, les tomates entières,
C’est très bon avec du cochon !!!
Kréol
Je souffre d’un trouble d’identité, ma culture a été noyée,
Mes racines ont été enterrés.
La langue que parle ma grand-mère a été cousue à mon palais,
Pour que je ne puisse la parler.
Négritude, créolité, des mots barbares qu’avant je ne pouvais prononcer,
Ils ont fait passer une langue pour un dialecte ou un baragouin.
Ce sont des peuples sans mémoire, donc sans futur que l’on obtient.
Car si tu ne sais pas d’où tu viens,
A quelle grande famille tu appartiens,
Tu ne peux pas évoluer et t’approprier la richesse des tiens.
C’est la pauvreté de l’âme, comme l’asphyxie
Provoquée par la compression du visage sur un coussin.
Sans air pas de racine, sans racine pas d’arbre, sans arbre pas de vie,
Je ne sais si j’aurais la force d’aller à ma recherche aujourd’hui.
Nier qu’une population puisse mettre en écriture
Ses réflexions, ses hypothèses, ses suggestions,
C’est lui couper les nerf de la communication,
C’est le forcer à dire qu’il a pas le droit à l’émancipation.
Refrain :
Pas rété nèg des champs
Nous qu’à vive dans bâtiments
Les mentès, les volès de culture
Nous l’ai-yo vivants
Pou yo plisse ouais zyé nous
Aux moments du soulèvement
Et les antillais vont en métropole,
Font des enfants qu’ils mettront dans les bonnes écoles,
A cet âge c’est comme s’ils étaient tous badigeonnés de colle,
Tout ce qu’ils croisent, ils se l’approprient,
L’acculturation est une cage sans carreaux, et ils ont pris.
L’africain est sauvage, c’est ce qu’on leur a appris,
Nos ancêtres sont blonds ou roux, ça oui c’est écrit !
Notre salut économique passe par la banane, c’est une infamie !
Tu n’existes que grâce et par le blanc,
Tu ne dois ton développement qu’à ton mérite
De pouvoir lire et écrire la langue du blanc.
Entièrement convaincu qu’il est l’égal de son maître,
L’antillais se considère français à part entière, c’est net.
« A part » désigne une partie, « entière » englobe le tout !
« A part entière » ne veut rien dire du tout !
C’est l’histoire du noir sans histoire,
Sans miroir, qui est blanc sans le savoir.
Il est un poisson sans nageoire, un animal qu’on mène à l’abattoir,
Dans un navire fantôme où il n’y a personne à la barre,
Il scrute l’horizon à la recherche d’un phare.
Refrain
Uncle Ben’s, Pépito, Banania,
Notre imagerie est soignée occasionne des dégâts
Plus qu’un acte de résistance, un acte d’existence,
Etre noir ne doit pas être vécu comme une fatalité innocente.
La charge sur ton dos n’est pas uniquement
Composée de fragments de ton cheminement ,
Et ce, que tu sois noir, vert fluo ou blanc !
Tu es porteur de l’histoire de ton peuple,
Ma couleur est tachée de sang,
Je ne me cacherais plus sous un linceul !
Je suis à la recherche de mes ancêtres,
De la force du témoignage qu’ils veulent me transmettre.
La tradition est le filon qui se tisse entre les générations,
C’est une trace des pratiques que les anciens ont mises en adéquation,
En vue de se construire dans la lutte pour leurs conditions.
Refrain
Elles (feat Marc Ducret & Professor K)
Naïve, fragile, son élocution est malhabile
On dit que sa désinhibition est maladive.
Elle multiplie les rapports stériles en émotion.
Tandis que tous les mecs sur elle, salivent !
De plaisir elle se prive, elle y arrive…
Elle n’a pour ainsi dire aucune conscience de son jeune corps,
Ils peuvent lui demander ce qu’ils veulent, elle est d’accord.
Il entre en elle sans se préoccuper de ce qu’elle ressent.
Elle se dit cependant qu’aujourd’hui encore il n’a pas le temps,
Qu’il l’aimera peut-être sincèrement une autre fois.
En attendant elle se montre encore plus docile.
Il paraît que les hommes ont peur d’aimer et que c’est plus facile,
Si pendant qu’ils essaient on se tient tranquille !
Elle ne demande qu’à croire ce qu’on lui confie,
C’est la totale confusion dans son esprit.
Alors ces jeunes gens prolifèrent dans son lit,
Ils la souillent de leurs pensées, mais elle ne s’en soucie guère,
« On peut être en toi sans violer ton intimité »
C’est ce que disait son beau-père.
Un peu trop crédible, accessible, et sensible,
Elle veut le réconfort de quelqu’un qui comprenne que sa quête est pénible.
Elle voudrait se donner entièrement,
Etre aimée sans savoir ce que c’est vraiment,
Pouvoir raconter un autre ce qu’elle attend, ce qu’elle entend,
Ces cris stridents qui viennent du dedans.
Cet appel qu’elle prétend ne pas pouvoir analyser précisément.
D’aucun diront que c’est une fille facile, je dirai qu’elle est fragile,
Et qu’il lui faut de l’attention, pas le mépris d’un imbécile.
Refrain :
Si « elle » s’écrit avec deux ‘L’ c’est pour s’envoler
Si ‘L’ est la première lettre du mot liberté
Si « elle » je ne l’entends pas je souffre de surdité
Si je veux la brises, je ne suis pas digne de l’humanité…
La seconde « elle » a un grand frère d’une vingtaine d’années,
C’est ce qu’on appelle un gosse beau, les conquêtes : il sait les enchaîner.
Négligeant les sentiments il applique sa tactique,
C’est celle du rentre dedans.
Lui sait que « elle » du haut de ses dix-huit ans,
N’a pas encore eu le temps de goûter au fruit défendu par ses parents.
Vlan, la porte claque la réalité nous rattrape !
Trônant sur sa post-puberté. Elle met de son côté,
Ses atouts qui font qu’elle est une jeune femme des plus convoitées.
Et elle n’en est pas à son premier amoureux,
Elle trouve que l’amour c’est partager,
C’est tellement merveilleux,
Ses yeux plongés dans ceux de celui qu’elle aime,
Elle s’abandonne totalement car celui-là l’aime.
Ce n’est pas le premier, pas le dernier.
Ceux qui la rencontrent sont subjugués.
Par tant d’éveil et de bonté.
Elle est vraie, agit sur eux de manière intrinsèque, ils la respectent.
De ce fait, je souhaite à tous les gars de croiser sur leur route
Un être qui a de telles qualités.
Celles-ci sont inhérentes à chaque individu,
S’il n’est pas cloisonné dans la subjectivité de la vertu.
Elle veut respirer, elle veut grandir,
Si tu la laisses tranquille, elle pourra vivre.
Refrain
J’en ai assez de voir les femmes, déshonorées,
Traitées comme des sous-être
N’ayant pour unique droit que celui de la fermer !
J’en ai assez ! D’entendre le mâle prétentieux
Disserter sur les pratiques sexuelles de mes sœurs,
C’en est assez ! C’en est assez !
Il dit qu’elles ne se respectent pas.
Et il croit lui que lui se respecte en la salissant de la sorte.
Tu fais fausse route quand tu te comportes ainsi !
Vis ta vie mais sache que nos sœurs, nos mères la vivent, l’ont vécu aussi !
C’en est assez !
Je n’ai rien contre l’abstinence ni contre l’exaltation des sens,
Que les gens fassent leurs choix s’ils le peuvent, et qu’ils avancent.
C’en est assez !
Si l’homme dirige le monde
Qu’il le fasse sans la femme pendant une seconde,
Si l’homme s’octroi des droits
Qu’il en octroi à sa moitié à la seconde.
J’en ai assez !
Parmi toutes les minorités elle est majoritaire et se fait écraser.
C’en est assez, c’en est assez !
Si l’esclavage est aboli,
Qu’en est-il des fillettes de quinze ans
Qui se prostituent pour cinq francs à Delhi ?
Refrain
Ecrire pour s'en sortir
Refrain :
Entre guérir et subir, il a fallu choisir,
Il a décidé d’écrire, écrire pour s’en sortir,
Agir pour ne pas pourrir…
Déjà 4 heures du matin et il est encore éveillé,
Ça y est ça recommence,
Son esprit est tourmenté, affecté, troublé, dérangé
Par les pensées qui se sont entre choquées durant toute la journée.
Il sait pertinemment qu’il ne s’endormira pas,
Tant qu’il n’aura pas pris le stylo entre ses doigts,
Attendre le bon moment pour attraper la plume
Et mettre en forme ses sentiments.
Le brainstorming ne se fait pas sur papier, mais dans sa tête…
En 1997, 3 ans qu’il rappe, mais plus de 10 ans qu’il écrit,
Il a aiguisé son intellect, comme par magie les lettres,
Se succèdent formant des mots qui s’assemblent
Se jettent sur la feuille et s’ordonne en véritable ballet d’opérette,
Le chef d’orchestre dirige le tout de sa baguette,
Dès que prend vite le texte, sa victoire est quasi complète,
Il presse le fruit et donne à boire le zest.
Refrain
Terré pendant plusieurs années, dans un mutisme exacerbé
Par les tortures morales qui lui ont été infligées,
Il a eu un jour la chance de s’évader
Avec le concours d’un crayon et d’un feuille de papier,
Il a sut créer toutes sortes de situations fictives
Ou inspirées de la vie et ses réalités.
Dès 11 ans avec son pote Karim il se démène,
Concocte des pamphlets contre ses voisins de la rue d’Athènes
A présent ses cibles ne sont plus les mêmes,
Même si sa verve se veut foncièrement urbaine.
Il a pallié la douleur interne, à l’aide de sa plume subalterne,
Qui saurait expliciter ce troublant phénomène…
Refrain
Dès lors que la pensée et la traînée d’encre ne font plus qu’un,
Le triste banlieusard isolé se mute en écrivain,
Son esprit fournit des efforts qui ne seront plus vain
Tant ce vecteur d’information représente une main.
Tendue vers l’autre sans pour autant vouloir faire de lui un apôtre,
Mais plutôt un hôte, un confident avec qui
Il peut partager les sensations de son conscient,
C’est la plus vieille forme de psychanalyse de tout les temps.
Quand il perd son sang froid, il souffre mais n’écrit pas,
Ça vie n’a rien de rose.
Le pusher de fleurs
Décor glauque, milieu hostile,
Où l'un escroque l'autre parce que ça semblait plus facile,
Sans équivoque l'autre rétorque,
Fait parler la lame ou les moyens du vice en stock
Ici les paradoxes sont omniprésents,
À 16 ans elles sont en cloques,
Si j'ai choisi ce mot c'est parce qu'il choque,
Tandis que les gars au mat en deviennent cloques,
Des mômes s'astiquent le manche,
Mais ça tu sais bien qu'ils sont moches.
Eh oh ! Y'a comme une embaumée de moisissure
Parce que tu baragouines depuis près de huit mesures,
Le crû de tes mots fait office de levure
Et avec la cuisson gonfle la pourriture.
Imaginez-vous donc les uns les autres,
Ce qui s'échapperait de la pire des décoctions
Obtenues par la longue macération d'une vieille paire de chaussettes,
Dans laquelle dormiraient deux tranches de foie de veau.
Refrain :
Ce n'est qu'une pincée, un arrière goût du climat ambiant
La bouche de l'homme pue quand il ment
Heureusement qu'il y a des braves gens
Pour qui (ça reste important)
Il se bat contre les mauvaises odeurs
Et pour ça, il vole les fleurs
Langue de bois des putes qui pue l'égout
Parfume le globe qui meurt
Ils sont petits mais pullulent comme des poux
Ce sont les pushers de fleurs
Un pneu qui brûle, les gamins y ont mis le feu
(..) Se mélange [..] du bâtiment 2
Un chien crevé, une poussette abandonnée, (..) de nouveaux nés
Monoxyde de carbone sécrété
Par des pots de voitures, tapissés de caca de pigeon fraîchement chié
En bas on fume des joints, on boit, on rote
On fait rire les copains aux relents de grec et d'oignon
C'est la fosse à purin, putain ça pue
On purge (..) du clodo du coin
Qui aujourd'hui encore a pris une bonne cuite au vin
Et les effluves de la vinasse rencontre celle de la fougasse au fromage,
Ou quand une émanation acide corrosive se mêle à une autre
(..) agressive, ce type a une passion des plus incongrues
Il traîne un bac à fleurs sous relais de ses vertus
À exalter notre conscience (…) dans les rues,
Cette cité qui sent le cleps qu'on a abattu,
Qui sent le mégot de chichon
Dans une canette de bière qu'on a pas bu
Refrain
Et là, c'est le bouquet,
Au milieu de cette délicate fumée,
Il apparaît il est prêt
" Fleurs qui veut mes fleurs, je vends le bonheur "
Scande-t-il fièrement
A ceux qui jusqu'ici le narguais
Et puis je compris que malgré ça
L'eau pris qu'il y avait dans l'air
Ne pouvait faire en sorte que respirer soit plus agréable pour nous
Nos sœurs et nos frères, wo wo, ce serait le bonheur
Je compris que la rose savait exhalée
Une sorte de slave que je ne pouvais plus ignorer
Je compris les motivations de ce petit garçon, si sensible, si futé
Ses poumons s'emplissent du nectar qu'il a choisi de respirer
Roméo et Juliette 2002 (feat Hélène Labarrière)
Il est né le petit enfant, papa et maman sont contents,
Lui est noir ébène, elle est blanche comme neige et ils s’aiment,
Le petit bout est appelé Roméo, le père le trouve très beau.
Son prénom n’évoque pas ses racines,
Mais s’il faut faire avec ça pour être heureux, No problemo!
C’est vrai que la vie n’a pas toujours été aussi jolie,
Depuis que sa jeune sœur a péri
Dans un accident de voiture accompagnée de son petit ami,
Qui lui s’en ait sorti.
Ce dernier a lui aussi fondé une famille,
Il a un fils Julien, une fille Juliette et(il vit).
Si je pouvais, je le tuerai
C’est ce qu’il se dit chaque soir dans son lit.
Les années passent, les enfants ne sont plus des enfants
Ils sont à l’age où ils s’embrassent, découvrent leurs corps,
Laissent la place à des pulsions qui vont devoir regarder en face.
Les trois ados se voient fréquemment,
Les parents sont au courant, en sont mécontents.
On fait jurer à Roméo
De ne pas avoir d’attouchement avec Juliette et inversement,
Histoire que la malédiction n’aille pas se répétant.
Julien s’entend bien avec Roméo.
On empêche ce dernier de voir Julien, Ils font ce qu’il faut.
Pourtant son père sent que son petit gars n’en reste pas là.
Le jeune homme confie à sa mère qu’il est amoureux.
Son père ne doit pas savoir de qui, çà vaudrait mieux !
Refrain :
Comme si la vie n’était pas assez rude
On veut empêcher les gens de s’aimer
On veut que les enfants restent prudes
On veut te juger dans ton intimité
Jauger tes sentiments et les étouffer
Le père de Juliette jure que Roméo ne voit pas sa fillette.
Son ennemi ne croit pas ce que le cœur de son fils est, en fait.
Il se démarque en tête, profère des menaces,
Hurle qu’il est temps que ce bâtard s’acquitte de sa tête qu’un poids s’efface.
Roméo est amoureux, son cœur est pris,
Ses sentiments l’emportent sur sa raison en dépit de ce qu’on lui appris.
Sa mère sait de qui il s’agit, son père sera furieux c’est une certitude…
-Comme si la vie n’était pas assez rude,
On veut empêcher les gens de s’aimer,
On veut que nos enfants restent prudes,
On veut te juger dans ton intimité-
Aimer n’est pas une tare mais un don, il faut le cultiver.
C’est le beau au bois dormant qui nous l’a dit avant de sombrer,
En parlant de « sombrer ».
Le padre, ce soir a essayé de noyer son chagrin dans l’alcool, il s’est imbibé.
Quand je vais rentrer ça va chier.
Il cogite, cherche la faute, se dit que son fils a tout eu,
Alors pourquoi ce coup de surin en plein cœur, entre les côtes ;
C’est une image, le père vomit, dit que sa vie se vautre.
Refrain
Alors que sa tête est prise dans l’étau de la colère.
Il prend le téléphone, appelle l’autre père,
Son adversaire lui dit tout, sachant que
De l’autre côté aussi la réprimande sera sévère.
Il raconte donc l’histoire de Roméo et de Julien,
Ces deux garçons qui s’aiment d’un amour stérile
Et dit que ce n’est pas bien, que c’est contre-nature,
Que c’est des vauriens.
Julien sera battu à mort jusqu’au petit matin.
Son père regretta, se tua le lendemain.
Sa mère mourut lentement, ronger par le chagrin.
Roméo, après avoir absorbé en vain
Tout ce qu’il pouvait dans la pharmacie de la salle de bain,
A préféré sauter du 11ème, que de tomber entre les mains
De celui qui voulait mettre fin à sa sexualité dite déviante ;
Pulvérisant la pierre précieuse dans son écrin,
En déchirant le cœur de son gamin,
Le petit s’en est chargé tout seul…
Refrain
Le petit pantin de bois (Feat Lil'Diablo)
Il était une fois un vieil ébéniste qui s'appelait l'Etat
L'état était stérile et psychorigide
Aussi il n'avait pas de femmes à son bord
Ces jours et ces nuits étaient longs et tristes
Un beau jour la fée l'ordre lui rendit visite
Elle lui proposa de matérialiser son souhait le plus cher
Il se leva sur ses vieilles jambes et dit
Je suis seul, vieux et je me fatigue vite
J'ai besoin d'un fils
Non pas pour assurer ma descendance,
Car je compte vivre encore bien longtemps
Mais pour m'aider me servir et pour te servir toi aussi fée l'ordre
Mon vœu est donc le suivant, je veux un petit garçon
La fée lui fit comprendre que cela était fort simple
Mais elle lui précisa toutefois
Toi l'état, tu es composé de fibres et de charnières humaines
Ton fils, si il veut prétendre à un tel statut
Il devra faire preuve de sagesse et de gentillesse
Il devra se montrer à la hauteur dans sa tache
Qui sera de te servir et de te protéger
Sans omettre de protéger et de respecter, les humains et leurs biens
C'est seulement quand il aura fait la preuve
Que sont celles des qualités que requièrent une telle mission
Qu'il deviendra humain
En attendant, il ne sera qu'un pantin
Certes un pantin sans fil apparent, mais un pantin tout de même
Un pantin de bois
C'est ainsi que la fée l'ordre lui donna…….
C.R.S (Feat les choeurs de l'armée de boboche)
CRS corps occasionnant des pertes, en vies humaines
CRS corps occasionnant des pertes, c'est votre problème
Les vitrines (..) cassent sous les jets de pierre de cette racaille là
Celle qui vient du 9-5 du 9-3, c'est ce que disent les gars
Nous, on reste planté là, figé comme de vulgaire pantin de bois
Ça y est les ordres arrivent de très haut
On va casser du beurs, du négros
On se met en place, on va devoir donner l'assaut,
C'est pas trop tôt, ces salauds ne feront pas de vieux os
J'ai l'impression que toute notre vie
Est une préparation à l'ultime aspect de notre mission
Dire que la haine nous rongeait telle la gangrène
Quand nous nous entraînions à respirer sans masque,
Dans les gaz lacrymogènes
J'en ai souvent pleuré, je me suis mis plus bas que terre
Humilié, j'ai nié mon humanité
Pour servir aux Porcs qui m'avaient engagés,
Je suis un CRS de la veine trempe
Quand je suis aux trousses d'un bâtard, il décampe
Je déteste la vermine qui transforme les cités en ruine
Je lamine des sales cons sur mes collègues de la CRIM
Alors quand on en prend un, on l'abîme
Nos filets c'est comme un champ de mines
Tu peux perdre un bras ou une jambe
Tes chances d'en réchapper sont infimes
Nous sommes les :
CRS corps occasionnant des pertes, en vies humaines
CRS corps occasionnant des pertes, c'est votre problème
" Parfaitement monsieur,
Nous sommes CRS et fier de l'être,
Toi l'arabe et toi le nègre,
La rue n'est pat'à toi, t'as compris
Allez dispersez-vous, hein,
Qu'est-ce que vous voulez, dispersez-vous, merde !"
Criminel vous n'êtes que des criminels
Laissez-nous vivre
Criminel si nous en sommes nous devons
Garder la vie
CRS corps occasionnant des pertes, en vies humaines
CRS corps occasionnant des pertes, c'est votre problème
Râleur à l'heure
Il se lève à treize heure du mat', sur le sol de son appart'
Il a des tas de meufs qu'il a levé hier soir en boîte,
Mate la dégaine, tâte les abdos les dorsaux,
Hâte-toi de t'excuser si tu le bouscules,
Ou c'est à coup de latte qu'il va t'expliquer que c'est le roi de son ghetto.
Pathétiquement mais sûrement, il se parle méchamment,
Et fais l'œil du tigrou devant le miroir de sa bre'cham.
Il est dans le hip-hop depuis qu'il est tout petit
" Tais-toi ne me parle pas de peura ! " c'est ce qu'il se dit tout le temps,
Il a pecho le dernier maxi du groupe " wanagainôfor ", et il est trop puissant.
Elles sont brillantes ses sapes,
Ça tombe bien c'est à l'eau qu'il les préfère les patates.
Le jour de la semaine qu'il préfère c'est " l'autre jour ",
L'autre jour j'ai cogné un gars je l'ai détruis.
L'autre jour j'ai barbé un tox, il a rien compris.
L'autre jour j'ai attrapé une meuf sur un jet ski,
L'autre jour j'avais un business mais là c'est fini.
Désolé mon ami je ne suis pas de celui-ci qui dit qu'il est le plus fort,
Qu'il fait vibrer tout le monde de Marseille à Paris.
Mon nom D' de Kabal en provenance de Bobigny.
Le fait est que je souffre de troubles psychiques,
Et d'allergies, je ne supporte pas les mythomanes et les abrutis.
Refrain :
Les mythos ne m'intéressent pas, ceux qui disent " qu'ils ont fais ça et puis ça "
Ce ne sont que des blagueurs, ils représentent pour le tier'quar
Je dois admettre qu'ils sont bien veinards, moi je représente pour les râleurs
Ouais écris ça dans ton journal, je suis bavard comme le D' de Kabal
Et je représente pour les râleurs, râleur à l'heure plutôt que blagueur
Je n'peux pas me faire le porte-drapeau d'une ville ou d'un département,
Qui est peuplé de gens
qui n'en ont rien à foutre de mes états d'âmes, de mes boniments.
Tu voudrais que je représente pour l'abreuvoir,
J'imagine la tête de certains lascars,
Quand ils vont entendre que je n'ai pas d'a priori sur les pédés, les tapettes, les homos.
Que la différence se respecte aussi chez les travelos.
J'suis invendable, l'atmosphère est insoutenable.
Une voix grave et agressive, le seul featuring qui peut me faire vendre
C'est avec le frère qui est né dans une étable.
D' de Kabal insupportable comme du sable sur une serviette de plage.
On m'a souvent dit :
" Fais du ragga ou du rock, laisse aux autres le hip-hop,
Ta voix pourrie agresse mes enceintes et fais fuir tous mes potes ! "
Allez, vas-y D' fais comme les autres là.
Parle du ghetto en disant que t'es un lascar.
Qu'tes exploits au plumard font de toi le Rocco Siffre D' du tier'quar.
Hé les gars désolé j'y arrive pas comme le dit Azé,
mon hygiène de vie ne regarde que moi,
et pour ce qui est de jouer les cailleras, là je peux pas,
J'ai des parfums à écouler avant ce soir,
Sinon les grands vont m'attraper et me vat'sa !
Refrain
Mon album est dans les bacs, il s'appelle " Contes Ineffables ",
J'ai repris le concept des contes,
Comme ça les teubés ne seront pas surpris de voir qu'il y a une morale.
Qu'on ne me reproche pas d'être moralisateur,
Si toutes les vérités sont bonnes à dire, me voici pile à l'heure,
Si nos vies sont des films je suis mon producteur, mon réalisateur.
Auto-Production Asphaltiq',
Dans la tourmente de bouillon de couillons artistiques.
C'est fou ce qu'on a mangé de pierres et de vaches maigres,
Mais quand je dors je ronfle parce que ma vie rime avec intègre !
Eh petit rappeur, fais ton argent, fais ton beurre.
Ceux qui t'en veulent parce que tu mens et que tu palpes,
Pour avoir ta place vendrait le sœur !
Tant que ta vie, ce qui t'arrive, découle de tes choix ;
Que tu les assumes ou pas ne regarde que toi…
Et la face de rat qui te sert de D.A.
D' de Kabal crève l'abcès, rap commercial, rap renégat même recette.
Les hypocrites ont moult facettes,
Ce n'est pas forcément celui qui dit le plus de choses, qui est propre et net…
Non, non, non ne suivez pas mon regard,
Ceux qui n'ont à rien à dire n'ont même pas le droit à mes égards,
Si tu dis que tu pètes et que ça sent la lavande, " j'm'en fous "
Si tu dis que t'as fais un titre avec Jack Lang " j'm'en fous ",
Mais si tu dis que t'as serré la fille du Che Guevara,
Là je sais que tu bandes mou !!
Refrain
Trésor sans fond
A chacun ses valeurs, sa richesse personnelle
La notre est éternelle puisqu'elle est immatérielle
C'est un trésor sans fond, que notre son en fait un vivre
Il faudrait parce que nous sommes élevés au rang d'artiste
Qu'il y ait nos sales têtes dans tous vos magazines, c'est un fait,
Donner nos visages au (..) s'il vous plait Djamal, Toty et D'(..)
Fatidique, lubrique, faussement esthétique, anti-kabalistique
Les adjectifs ne manquent pas pour ces photos de stars
Tristement typique non merci non,
Nous nous méfions de vos processus de starification, d'autosatisfaction
La tour d'ivoire du poète est repassée par un trou sans fond
Et ça c'est pas bon
Les courants devraient se relier, la flamme ne devrait pas s'éteindre,
Raviver le brasier c'est assurer la pérennité du moindre
Ça voudrait dire qu'on pourrait dire que le pire reste à venir
Mais transmettre le savoir c'est offrir à (..) ce que l'ignorance est souffrir
La plume gratte, poursuit son parcours,
Rature, corrige, puis ses faits du peuple accourent
Pourquoi une telle verve,
Parce qu'en vérité,
Si tu ne sais rien la bouche ouverte tu crèves
Ouvre tes yeux, apprend, observe
Le vieillard porte la forêt et sa sève,
Et s'achève mon intervention, singulière et brève
Le négrillon dressé d'une main de fer à coup de bâtons
Quand le soleil frappe sur sa tête dans ce champ de coton
Il trouve la force, d'élever la voix, d'improviser des chansons,
De nos jours, les chaînes échappent à notre champ pas de coton mais de vision
Et nos chansons abreuvent nos compagnons
Puisons notre force dans la crasse des bas fonds
Nous nous nourrissons de la souffrance et la transformons
Pour générer peut-être des actions
Qui sait, si ce jeune garçon,
N'a pas pour seule focalisation,
L'écoute du son et la lecture de textes
Développée par ma faction
Voilà pourquoi nous répétons sans cesse
Que nous poussons à la réflexion,
Plus qu'un leitmotiv c'est pour nous une façon de vivre
Dans un but d'humanisation
De nos proches de nos convives
C'est un trésor sans fond, que notre son en fait un vivre
Le K et son crew développent cette facette de notre hip-hop
Votre couronne ne nous intéresse pas
Si elle ne parle que de bitchs et de pauvres rocks
A chacun ses valeurs, sa richesse personnelle
La notre est éternelle puisqu'elle est immatérielle
J'écris pour mes amis, les bons les pourris
Les hommes, les femmes, ceux que d'habitude on oublie
Le savoir est une flamme, transmet la à autrui
Le savoir est une flamme, transmet la à autrui
A chacun ses valeurs, sa richesse personnelle
La notre est éternelle puisqu'elle est immatérielle
C'est un trésor, un trésor sans fond,
C'est une flamme que nous ravivons
A chacun ses valeurs, sa richesse personnelle
La notre est éternelle puisqu'elle est immatérielle
C'est un trésor sans fond, que notre son en fait un vivre
J'ai n'ai nullement l'intention de t'enseigner ce que je t'ai appris
J'aspire seulement à te conduire au seuil de ton propre esprit
Mais si la plante dorée par le soleil grandit,
Elle s'assèche puis meurt si tu lui donne pas l'eau qui insuffle la vie
(Oui vis ton son, les écrits)
Car celui qui véhicule ses idées par le biais de la musique
Je l'ai compris, je m'applique, la rhétorique est mon arme
Et laisse la tyrannie aux connards et aux faibles d'esprit
Aux connards et aux faibles d'esprit
J'écris pour mes amis, les bons les pourris
Les hommes, les femmes, ceux que d'habitude on oublie
Le savoir est une flamme, transmet la à autrui
Le savoir est une flamme, transmet la à autru
Peine-à-vivre
27 ans, j'ai 27 ans, je pensais qu'il m'en aurait fallut dix de plus
Pour parvenir à mettre en mot cet internal-processus
Depuis hier déjà ma coupe est pleine,
Mon être est empreint de mélancolie, mon âme saigne
Alors que depuis l'âge de 12 ans,
Je m'applique à faire en sorte que ma vie décrive le meilleur mouvement
J'ai toujours tout mis en œuvre pour prendre le meilleur tournant
En ce moment, j'évolue dans le bonheur avec moi une femme que j'aime
Et deux enfants qui colorent mes nuits de leurs pleurs
On s'est battu pour tout ça, j'ai lutté contre moi pour tout ça
J'y ai mis le prix, combattre ses démons intérieurs
Les enfouir quand le traumatisme qu'ils érigent et trop profond qu'il fait peur
Tu vois qu'on récolte ce que l'on sème
Et pas toujours ce que l'on aime
Une remontée acide, lucide et pernicieuse
Au point d'être parfois liberticide
Chez les antillais, être élevé à la rude est une tradition
Mieux vaut un bon coup de fouet qu'une petite punition
J'ai rarement été privé de desserts ou de sorties
Merci maman merci, mon corps lui,
Renferme en lui les traces du passage de l'ignominie
L'esprit n'oublie pas, il refoule, il s'accommode
Le corps n'a pas le choix
La nudité aux douloureux souvenirs est une fronde
L'enfant doit s'approprier son corps,
Hors les assauts physiques dont il est la victime
L'oriente vers des biais qui empêche que son " moi " ne sublime
Il se renferme mélange haine et amour envers son père et sa mère,
Même si plus tard il apprendra
Que ses deux sentiments sont étroitement liés.
Un enfant est déstabilisé
Quand il a l'impression que son père et sa mère il ne peut les aimer,
Comment faire état du mal que l'on reçoit de soi
Quand on se dit tout bas que sa mère on ne l'aime pas,
Pour le jeune garçon, le rapport à l'affectif est un trou sans fond,
Il peut donner tout l'amour du monde à tout le monde
De peur de se trouver tout seul dans une détresse sans nom
Dans une cave humide et immonde
Il peut encore fermé son cœur hermétiquement
Pour prévenir les moindres nouveaux dommages
Que pourrait perpétrer une femme en y pénétrant
À chaque être vivant son mode de fonctionnement
L'enfant marqué chèrement
Commence son existence dans une cellule d'isolement
Parents, l'enfant que tu bats tu le tues doucement
Tu te dois de lui donnes les clés de son développement
Tes actes sont comme un lent empoisonnement
Pour sortir de cette spirale
Il va devoir trouver de la force au fond de lui c'est vital
Et ce n'est pas des plus évident,
C'est même par moment épuisant
Certains d'entre eux ne se trouvent jamais
Et je ne puis affirmer que ceux qui se trouvent
Et connaissent leurs affects sont plus heureux que ceux
Qui finalement ne le sauront jamais
Ce qu'il fait qu'ils sont eux
Ceux qui sont tristes à l'intérieur,
Les Peine-à-vivre,
Ceux que l'enfance a presque parvenu à détruire
Les Peine-à-vivre, les Peine-à-vivre
Parents, l'enfant que tu bats tu le tues doucement
Tu te dois de lui donnes les clés de son développement
L'enfant marqué chèrement
Commence son existence dans une cellule d'isolement
À chaque être vivant son mode de fonctionnement
Le beau aux bois II
J’ai froid si froid, tout seul, si seul crois-moi.
Mon visage est profondément marqué par mon état, j’en suis là.
Je ne veux pas donner, j’ai tellement peur de recevoir,
Les seuls yeux que je peux fixer sont les miens dans le miroir.
L’émotion grandit à mesure que mon regard saisit
L’absence de vie dans l’œil du petit bambin de Bobigny qui a bien grandi…
Bien grandi c’est vite dit, encore aujourd’hui
Ma mauvaise foi se trouve trahie
Par les larmes qui perlent, qui coulent sur ma face salie,
Par les coups que j’ai mis, que j’ai subis, que j’ai admis.
C’est seul, face à moi, que j’ai conscience
De la complexité de l’élaboration de l’individu en tant qu’être.
Mon squel’être est enfin constitué alors je veux vivre,
Je veux être, je veux continuer à avancer,
Je veux pouvoir donner, mais je n’ai plus la force d’aimer.
Le beau au bois dormant est une histoire pour les enfants,
Et je n’ai plus la force de la raconter.
Refrain :
Si le beau au bois dormant n’est qu’un conte pour les enfants,
J’ai peur que tu sais bien ici, que l’amour n’est pas toujours le gagnant.
Si le beau au bois dormant n’est qu’un conte pour les enfants,
J’ai peur que les adultes ont oubliés de vivre leurs vrais sentiments
Si le beau au bois dormant n’est qu’un conte pour les enfants,
Dis-toi que le monde dans lequel tu vis saigne et n’a pas de pansements.
Si le beau au bois dormant n’est qu’un petit conte pour les enfants.
Odeur de bitume séché, de la boue plein les pieds,
Depuis tellement de temps déscolarisés,
De quoi crois-tu que je vais parler ?
Je me lève, et chaque matin ressemble à mon hier,
Et à mes putains de lendemains.
Y’a pas d’amour ici, rien que des gars qui cherchent la merde,
Et puis qu’est ce que tu veux qu’on fasse de ça aujourd’hui ?
Aimer, c’est perdre son temps, c’est se découvrir,
Ce n’est rien d’autre qu’offrir son poitrail à une dague acérée
Qui veut vous voir mourir.
Moi j’emmerde Cupidon, c’est un con,
Et ceux qui le vénèrent sont encore plus cons !
Rien à foutre de tes soi-disant valeurs,
Moi, ici-bas , rien ni personne ne me fait peur.
J’ai le sang chaud, je sais qu’elle existe pas ma moitié,
Obligé d’épancher ma soif de sexe dans les caves de mon ghetto.
Ouais, je suis comme dans un prison, peut-être,
Mais c’est moi qui l’ai faite, ouais peut-être…
Qu’est-ce que tu veux que je te dise ?
Y’a pas d’amour ici, c’est tout froid,
C’est tout mort, c’est comme la banquise.
Refrain
Un jet, une piste, une prise,
Au bout de chaque tournant, une surprise,
Faire en sorte que l’esprit reste connecté, demeure sous l’emprise
De l’énergie motivée par le ressenti de la mélancolie.
Chaque skizo qui dort en nous doit s’auto-évaluer,
Sans s’écarter de l’axe qu’il s’est fixé.
Encore quelques questions :
Pourquoi ai-je si mal dans mon moi dans ma maison ?
Pour quelles raisons mes semblables
Sont-ils fiers de quartier plus que bidons ?
Qu’est ce qui fait qu’on se délecte de leur poison ?
Qui sont-ils ? Qui inocule le poison ?
Aujourd’hui je me mine,
Ce n’est pas le pouvoir en place que j’incrimine, mais la vermine,
La pourriture qui rumine en chacun de nous.
Celle-là même qui domine, qui siège au dessus de notre raison.
Allez avoue que parfois tu as honte parce que dans tes pensées,
Tu ne charies que de la merde et de la boue.
Avoue que ta soif de pouvoir sur tes proches
Est parfois proche de la soif de pouvoir du gourou,
Qui voit en ses fidèles des victimes prêtes à tout
Pour s’entendre dire qu’elles sont sur le bon chemin.
Où est le bon chemin ? Si c’est l’amour, dites-moi où…
Refrain
Brèves de Quartier
Faut dire qu’on en menait pas large,
Dans nos bermudas, c’était l’âge de l’insouciance,
Pour d’autres l’époque des premiers casses,
Les statistiques nous donnaient perdus d’avance,
Chômeurs longue durée,
Délinquants, rebuts de leur Douce France.
Les malentendus menaient les moins malins
Dans les méandres de l’aliénation,
Néanmoins, la moiteur de nos immeubles
A nourri en nous la grain de l’émancipation.
Ghetto (classification, auto-) qualification,
Nombreux sont les chemins qui te font perdre la raison.
Dans ce climat instable, les chefs de famille
Nous achetaient de beaux cartables,
Mettaient du pain sur la table,
Dans le but de faire de nous des gens respectables.
Raisonnables, pour casser notre image déplorable.
Tu parles ! Une fois livrés à nous-mêmes,
Nous rencontrions les mêmes problèmes.
Qui croire ? La Bible ou le Coran, le père ou le prof,
Le cœur ou la crosse ?
Je lâche ou je m’accroche ?
Quand chaque anicroche écorche l’amour-propre de tes proches,
A la moindre entorse,
Ce sont des flèches empoisonnées que tu décoches !
Et si, tout autour de toi les gens,
Finalement meurent ou morflent,
C’est que la situation délicatement se corse.
Refrain :
Chacun de mes réflexes est conditionné
Par l’opinion que je me suis forgée
Chacun son jugement chacun ses vérités
Pile, face, droite, gauche, ton choix est à ta portée.
Chacune de mes actions est mesurée
Par mon tempérament ma combativité,
Je veux que mes choix découlent de ma volonté
Pile, face, droite, gauche, mon choix est à ma portée.
Puis vient le temps des premiers amours.
Il y a ceux qui y croient,
Et ceux qui cassent toujours.
Les cœurs sanguinolents se sentent seuls dans leurs tours.
Certains prendront la route de leurs sentiments,
D’autres feront des tas de détours.
Ce contexte verra l’affrontement de deux écoles :
Celle des capotes et celle des guignols.
Ces derniers ne se sentent plus très bien
Ou ont disparu de notre quotidien,
A force de lutter contre la faim,
De chair et de pain.
Certains se mettaient en situation d’échec
Rien qu’en tendant la main.
Tu sais, on était africain, antillais, portugais, maghrébin,
Français, italien, asiatique, mauricien, comorien,
Et il paraît que nos ancêtres étaient des gaulois très bien…
Tous portions en nous des histoires différentes,
On nous a mis dans un moule
Pour qu’on dévale la pente.
Par réflexe, aujourd’hui, on préfère les petits chemins qui serpentent,
On sait que notre salut est près d’une grande porte,
Alors on se glisse dans une fente.
Si le Vatican est innocent, et bien nous aussi.
Si aux guerres succèdent des traités,
Et bien on signe aussi.
Si votre actuel président est un menteur, eh ben nous aussi !
On juge la machine et sa courroie,
Tu m’crois, tout va mal jusqu’ici.
Refrain
En tout cas rien non rien ne nous prédestinait
A devenir auteur, compositeur, interprète,
Demande à ma mère,
Aujourd’hui quelques uns d’entre nous réajustent leurs repères,
Ecrivent des histoires des poèmes ou disent des prières.
Et nous passons par l’inévitable processus de verbalisation,
Indispensable à la progression dans l’élévation.
Nombreux sont ceux qui n’ont pas conscience,
Que leur verbe est une arme blanche, une lance,
Qui doit plus servir qu’asservir,
Alors si c’est pour être vizir à la place du vizir,
Range ta plus me triste sire, cesse de mentir,
Tu vois bien que personne ici ne veut de ton élixir.
Refrain
Négros, bicots, basanés et pauvres (feat Spike & Soukeynah)
Refrain :
Si pour eux nous ne sommes que des négros,
Si pour eux nous ne sommes que des bicots,
Que tu sois basanés ou pauvres, c’est la même,
Ils en ont après notre peau.
A ce que je vois, tu crois qu’ici en France
Les gens de différents horizons ethniques
De cultures et de croyances qui diffèrent,
Peuvent s’unir pour faire front contre leur adversaire.
Bien sûr, encore faut-il la démasquer cette maladie
Qui nous ronge jusqu’au dernier.
Maladie de la peau, maladie des os,
Qui nous rend impropre pour effectuer
Des tâches les plus sérieuses dans ce rafiot
Embarcation de fortune,
Les femmes et les enfants d’abord,
Les pauvres, les noirs et les arabes,
Par-dessus bord.
Vigipirate est une atteinte à nos droits,
A notre liberté de circulation,
Avoir le teint mat devient une tare.
Qui trouve qu’on exagère ?
On nous élimine dans les commissariats,
On endort la masse à coup de somnifères
C’est l’enfer.
Les médias sont coupables,
Nous sommes aussi responsables,
Prêtons attention à l’usage qui est fait de notre image.
Refrain
Ils veulent qu’on s’entretue,
Ils occultent notre cheminement, notre histoire,
Et mettent en avant le culte suprême de l’individu.
On nous dit que nous sommes libres et égaux
Mais les juges ici bas,
Broient du petit beur et du noir tous les jours.
On nous parle d’intégration,
Alors que c’est à la force des bras des pères de mes potes
Qu’a été bâtît ce pays.
Ils hésitent à reconnaître la traite de mes pères,
Comme étant un crime à la terre entière !
Ils oublient notre acharnement, notre pugnacité,
Le savoir est plus que jamais une arme, ils vont y goûter.
Ils voudraient qu’on reste dans nos cages, et notre rap,
On va investir les mairies et les cabinets d’avocats,
Ils nous freinent, il faut pas qu’on dérape !
Ils reprochent à nos structures familiales d’être déchirées,
Compréhensible puisque nos parents se cassent le dos au labeur
Au sein d’entreprises qui ne souhaitent que les exploiter.
C’est trop honteux.
Refrain
Ah, mais c’est quoi ça ? Regarde moi c’sale arabe !!
Un rabzouille à 7 keusses, tarin façon rapace,
Un matiné-métisse, teint tapissé d’épices,
Odeur aux relents réglissés !
Où tu crois que nous sommes tous des êtres primitifs,
Que notre indigence indigène a elle seule fait foi
Où tu vas chercher tout ça ?
Pris dans les ombres de la paranoïa,
Tais-toi, tu fais partie de cette élite
Dont toutes les filles ne nous épouseront pas.
Les mêmes qui, cette dernière semaine de mai,
Ont sorti les drapeaux tricolores
Et les chewing-gums pour fêter la paix,
Ont fait couler le sang de centaines d’algériens
De l’autre côté de la méditerranée le même jour
Ils l’ont fait…
Dans ces regards cherchant une main aimante
C’était seuls la mort, la peur,
La perte, la fuite qui restaient.
Et c’est toujours les mêmes
Qui se sont servis des frères sénégalais.
Et pour les amener droit dans la tombe
Creusée par leur propres mains.
Aujourd’hui ils ont repris les quolibets.
2001 rien ne change, les négros les bicots,
Font toujours jaser dans les granges.
Refrain
Intro officielle (feat Mohamed Rouhabi)
- Ah bonjour monsieur D'
- Bonjour
- Je suis ravi de vous voir
- Moi de même
- Allez installez-vous
- Merci
- Alors le rap, ça marche toujours ?
- Bah on fait aller, on fait aller
- Hé, et toujours cette grosse voix ?
- Et oui ! Mais j'ai quelques soucis…
- Allons bon…
- Ouais, c'est pas très simple en ce moment
Je traverse des périodes difficiles,
J'ai des problèmes que je trouve assez grave
- Allez-y, Allez-y installez-vous, installez-vous,
Je suis là pour vous aidez, je suis votre médecin
On se connaît depuis quoi, depuis Fou à nier ha..
Je vous écoute installez-vous
- Bah c'est un problème
Qui arrive à chaque fois que je suis en studio
Ça se manifeste pas encore en live parce que
Disons que j'arrive à contenir la bête mais que
Dès que je suis en studio, que les micros s'ouvrent
Et que les pistes sont agencées
J'ai comme différentes personnalités qu'essaient de prendre le dessus
C'est comme si j'étais quelqu'un d'autre
C'est comme si ma personnalité était multiple
Je, c'est pas simple, je crois que j'arrive pas
Je sais plus ce qu'il m'arrive
Je suis en train de péter les plombs
Skyzofrénia
D’:
Laissez-moi vous expliquer à quel point j’aime cette musique.
Laissez-moi vous démontrer que l’homme est pulsation rythmique.
Un disque à moi, un disque pourquoi ? pour vous vous dire de quoi
Sont fait mes avis mes opinions.
Même si vous pensez que tout ceci ne sont pas vos oignons.
Blatt :
A chacun ses oignons, garçon !
Ce disque est pour moi,
Bouge de la piste sans poser de questions !
D’:
Hey, t’es qui toi ?
Blatt :
Moi c’est Blatt mon mignon,
Je suis une partie de toi qui dort dans ton tréfonds
Ce disque scelle notre réconciliation,
Tu vas voir je vais me donner à fond.
D’ :
Non, non, c’est un album solo,
J’ai passé des années à mettre sur pied des textes et des morceaux.
Je ne sais pas ce qu’il y a dans « mon tréfonds »
Mais je ne veux pas de toi ! Dégage avorton !
Ded’1 :
Hey ! Ho ! Qu’est ce qui se passe ici ?
Si Blatt est de la partie je veux en être aussi,
Je m’appelle Ded’1, je suis ravi d’être ici,
Dis D’, laisse nous de la place sur ton LP
Tu verras, on sait être sérieux, on a des choses à raconter
D’ :
Mais merde, c’est quoi ce bordel ?
Je suis en studio, et c’est la panique dans ma cervelle,
Des gars qui se disent être en moi
Prennent possession de ma bouche, de mon son
Et je n’aime pas ça !
Il faut que je trouve un moyen de contenir leur…
Blatt :
Laisse tu n’y arriveras pas, nous sommes indissociables de toi.
Ded’1 :
Ouais, il faut que tu acceptes de partager ta vie avec tous tes toi.
D’ :
Tous mes moi ? Mais tais-toi ! Si vous souhaitez rester,
Montrez-moi que vous en voulez pour de vrai,
J’sais pas, rappez un truc, montrez ce que vous savez faire
Et peut-être qu’un jour je vous laisserais prononcer quelques petits vers.
Alors, mes soit disant frères ?
Skyzofrénia
D’ :
Quoi, c’est n’importe quoi ça !
Vas-y je reprends le morceau au début,
Et vous rentrez chez vous… enfin chez moi…bref…
Oh la la, je n’y arriverais pas moi.
Laissez-moi vous expliquer à quel point j’aime cette musique.
Laissez-moi vous démontrer que l’homme est pulsation
Low :
Mystique
D’ :
Ah ! Non ! C’est quoi ça encore ?
Eh , oh ! Y’a combien de personnalités dans ce foutu corps.
Low :
Hey, hey, moi c’est Low-D’
Rien ne sert de nous nier, tu ne peux pas nous échapper
Laisse-toi faire, cet album sera le nôtre, on va tout déchirer !
Tu dois accepter que nous sommes une et une seule entité !
D’ :
Hey, je l’ai déjà dit, il n’en est pas question !
J’étais seul maintenant on est quatre,
J’veux pas que ça fasse brouillon
Klick :
Un peu de respect je te prie,
Nous ne sommes pas quatre mais cinq dans la partie,
Cinq comme les doigts de ta main
Tu ne rêves pas, j’te pince,
Quand tu te réveilles c’est le même refrain. Hein ?
Si toi tu es le pouce, je suis le majeur et je t’emmerde cousin !
D’ :
Quoi ? Hey, dans mon cercle je suis le maître,
Si vous n’êtes pas contents allez tous vous faire…
Low :
Mais, mais, mais, mais assez d ‘impolitesses.
Tu es atteint de skyzofrénia,
Calme-toi avant que quelqu’un n se blesse !
D’ :
Mais lâchez-moi !!!
Skyzofrénia
Dans ma cage
J’ai beau chercher, je ne vois pas,
J’ai beau creuser, je ne sais pas pourquoi…
J’ai beau nettoyer ma chambre, je reste dans de sales draps.
Les questions vont-elles, un jour, cesser de battre la mesure de mon état ?
Etat d’être, énième lettre, que je structure et rédige,
Non, je ne suis pas journaliste, personne ne me paye à la pige.
Alors pourquoi ne pas mettre un terme à ce questionnement ?
Pourquoi ne pas subir sa vie avec détachement, plutôt qu’en souffrant,
Qu’en hurlant que l’enfant qui dormait en nous est soi-disant mourrant ?
Un mineur en détention m’a dit un jour qu’il ne voulait plus réfléchir,
Parce que tout ça le faisait trop souffrir, Qu’il préfèrerait pourrir, mourir,
Plutôt que de raviver les douloureux souvenirs.
C’est dire le mal q’on leurs fait, c’est dire le mal qu’on se fait.
En effet, vue d’un certain angle, cette guerre est trop dure,
Si la merde est un gâteau nous sommes la levure,
Chacun assure ses arrières, sa belle voiture,
Mais en agissant de la sorte nous consolidons le mur.
Le ciment a trop prit, le mur est haut, l’odeur d’hémoglobine
Rappelle toutes les victimes qui se courbèrent à l’échafaud.
Pourquoi lutter si c’est perdu d’avance ?
Y’a-t-il le moindre espoir qu’enfin nous sourit la chance ?
Il y a deux alternatives, tu fais ton choix, je fais le mien,
Et chacun assumera ce qui arrive.
Tu peux décider de rester emmuré, te battre,
Pour le maximum de confort dans ta geôle dans ta chambrée.
Où tu peux cogner, gratter la paroi qui t’as constitué prisonnier,
A l’aide du cure-dent qu’ils ont daigné te laisser.
Quand, à force de gratter, une brique sera tombée,
La lueur qui pénètrera ton lieu fera de toi un être éclairé.
Tu as le pouvoir de faire de ton existence un paradis ou un enfer,
Lève-toi, saisis ta chance, traque la lumière !!
J’aimerai tellement avoir les mots pour dessiner ce que je ressens,
C’est au fond de moi, dans mon cachot,
Ton appel résonne dans mes fibres, saigne sur mes sentiments.
J’ai beau chercher, je ne vois pas,
J’ai beau creuser, je ne sais pas pourquoi…
J’ai beau nettoyer ma chambre, je reste dans de sales draps.
Les questions vont-elles, un jour, cesser de battre la mesure de mon état ?
Etat d’être, énième lettre, que je structure et rédige,
Alors pourquoi aujourd’hui les cris supplante t-ils le mutisme ?
Pourquoi des mots s’imbriquent dans ma détresse, transforme le prisme.
Pourquoi je n’ai plus de larmes.
Est-ce qu’on mon cœur s’est fermé pour protéger ma raison de ce drame ?
Comment ça quel drame ? il faut que je le répète ? Alors regarde !
Les enfants, les femmes, les forêts, les arbres.
Notre système nous destitue de nos rêves, il se les accapare.
Je parle de notre système de pensée hautement conditionné,
Oh, et puis merde, stop, assez palabré,
Mais états d’âmes intéressent si peu de monde,
Alors pourquoi en rajouter ?
Parce que si peu que vous soyez, vous n’êtes pas peu, voyez,
C’est la relation que nous établissons qui nous pousse,
Vous et moi à continuer à écouter ce disque jusqu’au bout.
Jusqu’au dernier son, jusqu’au dernier cri…